• Peinture présnetée à Henri III en priojet de construction (15
    Musée Carnavalet. Projet pour le Pont-Neuf présenté à Henri III en 1577.
  • Pont neuf (sud), Louvre, 75006
    Pont Neuf, sur le petit bras de la Seine depuis le pont Saint-Michel. Palais du Louvre en arrière plan.
  • Pont neuf (sud), Louvre, 75006
    Pont-Neuf sur le petit bras de la Seine. Statue équestre d’Henri IV. Baptiste Androuet du Cerceau (architecte 1544-1602).
  • Baptiste Androuet du Cerceau (architecte 1544-1604), Paris 75006
    Pont-Neuf sur le petit bras de la Seine depuis l’île de la Cité. Baptiste Androuet du Cerceau (architecte 1544-1602).
  • Baptiste Androuet du Cerceau (architecte 1544-1602), Germain Pil
    Dernière pile entre la 4eme et la 5eme arche depuis l’amont de l’île de la Cité.
  • Pont neuf (sud-face Est), mascarons (masques grotesques) [Germai
    Demi-lune et mascarons sont emblématiques du Pont-Neuf.
  • Baptiste Androuet du Cerceau (architecte 1544-1604), Paris 75006
    Depuis 1855 les candélabres dessinés par Victor Baltard (architecte-sculpteur 1805-1874) éclairent le pont.
  • Pont neuf (sud-face Est), mascarons (masques grotesques) [Germai
    Dès l’antiquité, les mascarons « éloignent » les mauvais esprits des maisons.
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Pont_Neuf — https://fr.wikipedia
    Ils apparaissent en France à la suite des guerres d’Italie de François 1er.
  • Pont neuf (sud-face Est), mascarons (masques grotesques) [Germai
    Les 380 mascarons du Pont-Neuf sont initialement commandés à Germain Pilon, sculpteur et contrôleur général des effigies à la cour des Monnaies.
  • Baptiste Androuet du Cerceau (architecte 1544-1602), Germain Pil
    La mort de Germain Pilon en 1590 intervient alors que les travaux du pont sont arrêtés du fait des guerres de religion.
  • Pont neuf (nord-face Est), mascarons (masques grotesques) [Germa
    Le macaron traduit le mot italien « mascherone » qui désigne un ornement en forme de masque.
  • Pont neuf, mascarons (ou masques grotesques), sculpteur : Germai
    Le macaron traduit le mot italien « mascherone » qui désigne un ornement en forme de masque.
  • Pont neuf (nord-face Est), mascarons (masques grotesques) [Germa
    Le macaron traduit le mot italien « mascherone » qui désigne un ornement en forme de masque.
  • Pont neuf (nord-face Est), mascarons (masques grotesques) [Germa
    Le macaron traduit le mot italien « mascherone » qui désigne un ornement en forme de masque.
  • Pont neuf (sud-face Est), mascarons (masques grotesques) [Germai
    Pont-Neuf petit bras, à la différence du grand bras les demi-lunes sont à l’aplomb des avant et arrière-becs.
  • Baptiste Androuet du Cerceau (architecte 1544-1604), Paris 75006
    Les trois arches centrales du Pont-Neuf sur le petit bras de la Seine. L’arche du milieu laisse 16,7 mètres d’ouverture.
  • Baptiste Androuet du Cerceau (architecte 1544-1602), Germain Pil
    Le Pont-Neuf depuis la rive gauche sous le regard tutélaire d’Henri IV.

Du Pont-Neuf d’Henri III aux Bourbons

Rêvé par Henri II, commencé par Henri III et fini par Henri IV le Pont-Neuf, connu comme le plus ancien pont de Paris, marque une rupture avec ce qui se pratiquait alors. Rupture dans sa construction avec 10 ans d’arrêt durant les guerres de religion et l’arrivée des Bourbons au pouvoir ; et rupture dans son usage qui, au final, exclut la mainmise d’une corporation et transforme le pont en « agora » avec des trottoirs très surélevés qui isolent et sécurisent les piétons.

Des choix audacieux

Son emplacement tout d’abord. À la lisière de la ville il franchit la Seine dans sa plus grande largeur (aujourd’hui, seuls les ponts du périphérique sont plus longs). Toute la pointe ouest de l’île de la Cité constituée jusqu’alors de deux îlots fréquemment inondés et mouvant ; a du être aménagée. Sur la rive droite ce n’était du Louvre au pont au Change qu’une suite de berges sans arbres ni vie, appelée Vallée de la misère ; un coupe-gorges où personne ne s’aventurait sans effroi. Rive gauche le quartier est radicalement différent. En 1312, Philippe IV Le Bel a fait construire un quai en pierre de taille pour éviter l’érosion des berges sous l’assaut incessant des crues de la Seine. Se dressent alors des hôtels particuliers en front de Seine où habitent nobles, financiers et grands bourgeois qui profitent d’une vue imprenable sur le palais du Louvre, centre de gravitée du pouvoir depuis Henri II. S’y rendre obligeait à traverser la cité par le pont Saint-Michel et le pont au Change et devenait une véritable expédition qui obligeait bien souvent à coucher rive droite… Qui plus est la saturation de ceux-ci et leur manque de solidité avait amené à en interdire la pratique aux charrois et à l’artillerie. Seul le pont Saint-Michel reconstruit en 1549 offrait quelques gages de solidité sans résoudre les problèmes de saturation.

La construction d’un pont reliant le faubourg Saint-Germain et le quai de la mégisserie — alors appelé quai de l’école — fut un temps envisagée en 1550 par Henri II mais la ville en ayant refusé la charge financière l’idée est abandonnée. Henri III en 1577 prend la décision d’en assurer la construction et nomme les membres d’une commission chargée de sa mise en œuvre. Le 24 novembre un « portrait en papier » du pont est présenté à la commission qui l’approuve (probablement la peinture actuellement au Musée Carnavalet). Le 19 février le roi adopte le projet et presse à l’exécution. Cette peinture serait aujourd’hui qualifiée de « vue d’artiste » ; à la différence des ponts de cette époque aucune boutique ou maison d’habitation ne sont visibles sur le pont qui traverse la Seine en douze arches (8 sur le grand bras et 4 sur le petit) ; en revanche deux arcs de triomphe en entrée et sortie « maîtrisent » le pont, deux obélisques pointent les axes des grands et petits bras et un pavillon central recouvre le passage central… Pour autant cette absence de boutiques construites sur le pont n’est clairement actée que par Henri IV en 1601.

Des rebondissements

Le 23 avril 1578 lors de la mise en adjudication des travaux, la commission prend l’avis de Baptiste Androuet du Cerceau architecte du Roi — et membre des Quarante-cinq Gentilshommes ordinaires d’Henri III — qui suivra étroitement l’évolution des travaux. La première pierre est posée par Henri III avec Catherine de Médicis et la reine Louise de Vaudémont le 31 mai (ce matin-là le roi inhumait deux de ses « mignons »). A partir du 9 juin des visites hebdomadaires suivent l’évolution des travaux et, à la fin de l’automne, les fondations des quatre premières piles affleurent du petit bras. Au printemps 1579, plusieurs bouleversements modifient la poursuite des travaux. Le premier d’entre eux vient d’une réflexion de Pierre Des Illes* — un des maîtres-maçons adjudicataires — qui remarque qu’il est impossible de concevoir le pont en ligne droite. Le second tient aux fondations jugées trop instables de la quatrième arche qui devait servir de culée nord du petit bras. Ainsi est-il demandé deux plans qui tiennent compte de ces imprévus étant entendu que les travaux entamés sur le petit bras ne pouvaient être remis en cause. Pierre Des Illes présenta son plan le 30 juin 1579 et Baptiste Androuet Du Cerceau le 3 juillet ; ce sont les traces de la rétribution de ces deux plans qui fondent à attribuer la paternité du pont à ces deux architectes. Le 12 juillet la commission entend en débat contradictoire sept experts pour, au final, retenir les choix de Du Cerceau pour le petit bras avec cinq arches et ceux de Des Illes pour le grand bras avec sept arches. De ces modifications résultent la taille du terre-plein central initialement prévue sur 28,5 toises et réduite à 19,5 ; la longueur des avant et arrière becs du grand bras en débord des demi-lunes alors qu’ils sont à leur aplomb sur le petit bras ; l’ouverture des arches du grand bras comprise entre 16,4 m et 19,4 m alors qu’elles varient entre 9 m et 16,70 m pour le petit bras. À la suite de ces modifications un nouveau marché est conclu le 25 novembre 1579 avec Pierre Des Illes, Guillaume Marchant et François Petit. Enfin, bien que Pierre Des Illes mourût entre octobre 1583 et mars 1584, les deux projets de Du Cerceau et Des Illes seront fidèlement suivis et réalisés jusqu’en 1607 (Baptiste du Cerceau meurt, lui aussi, avant l’achèvement des travaux en 1604).

Entre 1581 et août 1587 les fondations des piles du grand bras et les trois culées restantes sont achevées. Germain Pilon, sollicité à la réalisation des 381 mascarons de la corniche, a commencé ses sculptures sans qu’on sache jusqu’à quel point est allée son intervention. Germain Pilon meurt en 1590 alors que les arches du petit bras ne sont pas terminées, que les travaux sont arrêtés depuis deux ans du fait du manque de financement et de la reprise des guerres de religion. Il est douteux que les mascarons soient réalisés à cette époque et plus vraisemblable que son atelier — ou des sculpteurs indépendants — les ait produit sur ses dessins. Six masques réalisés sous la direction de Germain Pilon sont conservés au musée Carnavalet et dix au musée Cluny. On a une lecture beaucoup plus précise des restaurations de ces mascarons en 1848 : 97 mascarons amont du grand bras (re)sculptés par Maindron et 96 par Barre en aval ; 62 mascarons amont et 59 aval du petit bras seront repris par Fontenelle et Lavigne.

* Selon les sources on retrouve plusieurs orthographes pour deux des entrepreneurs : Pierre Des Illes, Pierre Des Isles ou Pierre Des Iles ; et Guillaume Marchant ou Guillaume Marchand. Nous avons retenu celles utilisées par François Boucher.

Sources documentaires : Le Pont-Neuf, François Boucher, Chez le Goupy, 1925. Paris sous les premiers Bourbons, René Pillorget, Nouvelle histoire de Paris. Dictionnaire historique de Paris, La pochothèque.