• Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Jean Goujon (scu
    Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Paris I.
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Jean Goujon (scu
    Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Paris I.
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, dôme, Jean Gouj
    Dôme de la fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, , Jean Goujon (s
    Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, face nord bas-relief d'attique, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, , Jean Goujon (s
    Fontaine des Innocents, face Nord, nymphe, écoinçons, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, , Jean Goujon (s
    Fontaine des Innocents, face Nord, écoinçons, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, face ouest, Jean
    Fontaine des Innocents, bas-relief d'attique face ouest, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, face ouest, Jean
    Fontaine des Innocents, face ouest, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, , Jean Goujon (s
    Fontaine des Innocents, face Est, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, , Jean Goujon (s
    Fontaine des Innocents, face Est, bas-relief d'attique, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, , Augustin Pajou
    Fontaine des Innocents, face Sud Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Augustin Pajou (
    Fontaine des Innocents, face Sud, relief d’attique, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Augustin Pajou (
    Fontaine des Innocents, face Sud, relief d’attique, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Jean Goujon (scu
    Fontaine des Innocents, face Ouest, Paris I
  • Jean Goujon, Nymphe et triton entourés de deux petits génies.
    Bas-Reliefs du soubassement de l’arcade de la rue Saint-Denis (en haut) et aux Fers (en bas). Exposition Musée Caranavalet
  • drouet_14483.Nymphes_Goujon_sun
    Fontaine des Innocents, Les 5 nymphes de Jean Goujon.
  • drouet_14483.Nymphe_Pajou_Sun
    Fontaine des Innocents, Les 3 nymphes d'Augustin Pajou.
  • drouet_14483.Nymphe_Goujon_buste
    Fontaine des Innocents, Les 5 nymphes de Jean Goujon.
  • drouet_14483.Nymphe_Pajou_Buste
    Fontaine des Innocents, Les 3 nymphes d'Augustin Pajou.
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Jean Goujon (scu
    Fontaine des Innocents, face Est, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Jean Goujon (scu
    Fontaine des Innocents, flanc Sud, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Jean Goujon (scu
    Fontaine des Innocents, flanc Nord, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Jean Goujon (scu
    Fontaine des Innocents, flanc Est, Paris I
  • Fontaine des Innocents, place Joachim Du Belay, Jean Goujon (scu
    Fontaine des Innocents, Paris I

La fontaine des Innocents

Restaurée et remise en eau la fontaine des Innocents tient une place centrale dans l’imaginaire parisien. Vestige de la Renaissance, elle est aussi un des premiers monuments publiques à recevoir une ornementation. Comme nombre d’édifice parisien, son histoire reflète les évolutions de l’histoire de la ville.

Au départ c’est une fontaine plus ancienne établie durant le règne de Saint-Louis (1226-1270) et accolée à l’église des Innocents. Édifiée à l’angle de la rue aux Fers — actuelle rue Berger — et Saint-Denis elle est à l’angle nord-est du quadrilatère entourant le cimetière des Innocents. La rue Saint-Denis constitue alors l’axe central par lequel les rois rentrent dans Paris au lendemain de leurs sacres ou de retour de leurs campagnes guerrières. Ces entrées sont alors fêtées et le cortège royale est jalonné d’architectures éphémères entre la porte Saint-Denis et le palais de l’île de la Cité.

L’eau en pénurie

L’eau, jusqu’à l’arrivée du canal de l’Ourcq au début du XIXème, vient essentiellement de la Seine ou de la nappe alluviale qui affleure cinq mètres en profondeur. Quasiment toutes les maisons disposent d’un puits (il en est dénombré trente milles en 1870 par le service des eaux). Cette eau de surface est très polluée par toutes les agglomérations en amont et les déjections dans les rues ; et les abattoirs, les tanneurs ou les cimetières sont autant de sources de contamination… En 1348 l’administration royale, consciente du problème, interdit de balayer les rues par temps de pluies pour limiter le rejet des ordures dans le fleuve. La fontaine, tire sa source des hauteurs de Ménilmontant et Romainville, l’eau y est plus pure et acheminée par un aqueduc souterrain depuis le Pré-Saint-Gervais.

Cimetière des Innocents (1552). Aquarelle Hoffbauer. Ne pas entrer dans le cimetièe, prendre à gauche la rue ombragée jusqu'à la rue Saint Denis …vous y êtes.
Cimetière des Innocents (1552). Aquarelle Hoffbauer.

Une tribune pour une fontaine

La reconstruction de cette fontaine en 1548 est probablement à l’initiative de la ville, sans qu’aucun document d’archives le certifie. Elle est pourtant bien achevée en 1549 lors de l’entrée d’Henri II le 16 juin et son monogramme figure entre les chapiteaux des pilastres. Sa construction est l’œuvre de Jean Goujon, peut-être associé à Pierre Lescot qui travaille à cette période avec le sculpteur au jubé de l’église Saint-Germain-l’Auxerois et à la Cour Carrée du Louvre. Elle s’organise autour de trois arcades — une rue Saint-Denis et deux rue aux Fers — assises sur un bas relief et couronnées d’un second à l’attique sous un fronton (on la voit à l’extrémité gauche de l’enceinte sur l’image). Au pied de chaque arcade deux mascarons à tête de lion déversent un mince filet d’eau d’une citerne en soubassement.

Cinq nymphes de Jean Goujon encadrées de pilastres flanquent les arcades. Elles sont surmontées d’une inscription en dédicace sur marbre noir Fontium nymphis (Aux nymphes des fontaines). Tous les bas-reliefs sont à la gloire de l’eau qui se déverse des amphores au milieu des tritons, dauphins, coquillage et hippocampes. Cette partie haute « pliée » à l’angle des deux rues sert alors de tribune pour assister aux festivités. Les gravures de l’époque (Jacques Androuet du Cerceau notamment) montrent des balustrades en fonte à la partie basse des arcades.

Plan et élévation de la fontaine des Innocents, Jean Marot, second quart du XVII.
Fontaine des Innocents, Jean Marot, second quart du XVII.

La fin du cimetière des Innocents

En 1765, un arrêté du Parlement interdisant les inhumations dans les cimetières intra-muros. En 1780 à la suite de l’effondrement d’une fosse commune dans des caves , le cimetière est définitivement fermé. Tous les ossements sont alors transférés dans une partie des carrières souterraines du sud de Paris qui fut bénite et prit le nom de Catacombes (cette opération concernait également les autres cimetières des paroisses de Saint-Eustache, Saint-Germain, Saint-Sulpice etc.). Le transfert des ossements prit quinze mois entre 1785 et 1787, le terrain fut défoncé et les terres passées au tamis… pour trouver encore 70 m3 d’ossements. Dans le même temps l’église des Saints-Innocents est détruite et le marché aux herbes et légumes s’installe sur l’ancien cimetière. A l’image de la colonne Médicis sauvée de la démolition par Louis Petit de Bachaumont quarante ans plus tôt, c’est la rumeur persistante du démantèlement de la fontaine des Innocents qui incite Quatremer de Quincy à s’émouvoir de cette perspective dans une lettre publiée dans le Journal de Paris le 11 février 1787.

La transformation

Le 9 juillet qui suit, une commission d’experts préconise le démontage de la fontaine et son implantation au milieu du nouveau marché aux herbes en ajoutant une arcade aux deux de la rue aux Fers pour les replier au carré. Augustin Pajou (1730-1809) sculpte donc trois nouvelles nymphes, un relief d’attique et deux écoinçons dans le style de Jean Goujon. A l’issue de ces travaux, un dôme coiffe l’édifice, quatre bassins reçoivent l’eau d’une vasque circulaire et de la gueule de quatre lions assis aux angles. Cette ambitieuse construction ne résout pas le problème de la pénurie d’eau. Connectée tour à tour à la pompe du pont Notre-Dame puis à la pompe à feu de Chaillot ; l’eau n’arrivera en abondance qu’à partir de 1809 avec l’alimentation du canal de l’Ourcq. Cette soudaine profusion amène la construction d’un bassin carré pour recevoir le flot débordant des vasques et la dépose des trois bas-reliefs de Goujon en partie basse des arcades pour les soustraire à l’érosion. En l’espace de trente ans elle était devenue une fontaine d’agrémentation.

 

Sources documentaires : La fontaine des innocents. Histoire d’un chef d’œuvre parisien. Catalogue de l’exposition du musée Carnavalet. Histoire et dictionnaire de Paris, Alfred Fierro, 2001, Robert Laffont, collection Bouquins. Évocation du vieux Paris, Jacques Hillairet, 1952, Éditions de Minuit.

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