• Pierre des Illes (architecte ??? -1583), Germain Pilon (sculpteu
    Pont Neuf, grand bras de la Seine depuis les berges de l'île de la Cité. Pierre des Illes (architecte ???-1583).
  • Pierre des Illes (architecte ??? -1583), Germain Pilon (sculpteu
    Pont-Neuf, grand bras. La force du courant explique que Pierre des Illes ait choisi d'allonger les avant et arrière becs.
  • Pont neuf (nord-face Est), mascarons (masques grotesques) [Germa
    Pont-Neuf, grand bras. La force du courant explique que Pierre des Illes ait choisi d'allonger les avant et arrière becs.
  • Pont neuf (sud-face Est), mascarons (masques grotesques) [Germai
    Pont-Neuf, grand bras. La force du courant explique que Pierre des Illes ait choisi d'allonger les avant et arrière becs.
  • Baptiste Androuet du Cerceau (architecte 1544-1604), Germain Pil
    Depuis 1855 les candélabres dessinés par Victor Baltard (architecte-sculpteur 1805-1874) éclairent le pont.
  • Pont neuf, mascarons (ou masques grotesques), sculpteur : Germai
    Le macaron traduit le mot italien « mascherone » qui désigne un ornement en forme de masque.
  • Pont neuf, mascarons (ou masques grotesques), sculpteur : Germai
    Le macaron traduit le mot italien « mascherone » qui désigne un ornement en forme de masque.
  • Pont neuf, mascarons (ou masques grotesques), sculpteur : Germai
    Le macaron traduit le mot italien « mascherone » qui désigne un ornement en forme de masque.
  • Pont neuf (sud), Lampadaire (1854), Louvre, 75006
    Seul le Pont-Neuf, à sa conception, offrait une vue sur la Seine, le Palais du Louvre et ce qui était encore la campagne et les villages de Chaillot et Grenelle.
  • Pont neuf, Lampadaire (1854), statue équestre Henri IV, 75006
    Pont neuf, Lampadaire (1854), statue équestre d'Henri IV.
  • François Lemot (sculpteur 1771-1827), Henri IV, Jacques II Andr
    Statue équestre d’Henri IV et lampadaire dessiné par Victor Baltard.
  • Rue de Never, voute, Pont Neuf, Henri IV, Poème, Claude Le Peti
    Poème de Claude Le Petit (poète 1638-1662) en hommage au Pont-Neuf, inscrit dans la voute d’entrée de la rue de Nevers.
  • Pont Neuf. Statue équestre de Henri IV. Sculpteur François Lem
    L'actuelle statue d'Henri IV est l'œuvre du sculpteur François Lemot. Commandée sous la restauration, elle est inaugurée en 1818.
  • Pont Neuf. Statue équestre de Henri IV. Sculpteur François Lem
    Une statue de Napoléon a servi à sa fonderie. Un Ciseleur travaillant pour Lemot, Mesnel, bonapartiste, introduit dans le bras droit d'Henri IV une statuette de l'empereur.
  • Pont Neuf. Statue équestre de Henri IV. Sculpteur François Lem
    Dans le ventre du cheval, Mesnel glisse un ballot d'écrits, de libelles et de chansons anti-royalistes.
  • François Lemot (sculpteur 1771-1827), Henri IV, Paris 75001, St
    Bas-relief nord représentant Henri IV entrant dans Paris en 1594. Piedestale de la statue équestre.
  • Paris 75001, Pont-Neuf, place du Pont-Neuf, Bas-relief sud, Henr
    Bas-relief sud représentant Henri IV faisant entrer des vivres dans Paris assiégé. Piedestale de la statue équestre.
  • Ile de la cité, place Dauphine, pont neuf, statue Henri IV, Par
    Place Dauphine, statue équestre d'Henri IV.
  • Ile de la cité, Paris 75001, Place Dauphine, place des Vosges
    Bien que conçu comme la place des Vosges, la Place Dauphine est aujourd'hui dénaturée par les différentes modifications apportées par les propriétaires.
  • Front de Seine, Qaui des Orfèvres, Paris 75001, Ile de la Cité
    Le quai des Orfèvres, à la pointe de l'île de la Cité a été pensé, à l'origine, comme la place Dauphine.

Au Pont-Neuf d’Henri IV

Soucieux de relancer l’activité économique après les guerres de religion, Henri IV entreprend une politique de grands travaux qui vont redessiner Paris. La galerie du bord de l’eau relie le palais du Louvre au palais des Tuileries et modifie radicalement la physionomie du front de Seine. La place des Vosges est en son temps la première place public de Paris. La manufacture des Gobelins signe une ébauche de politique industrielle. Le 7 février 1598 enfin, il ordonne la reprise des travaux et l’achèvement du Pont-Neuf. Guillaume Marchant et François Petit restent les seuls entrepreneurs à avoir participé aux débuts de la construction. Le 17 mai, le Roi leurs promet 250 écus par semaine sous réserve qu’ils emploient cinquante tailleurs de pierre par jour pour l’achèvement des arches du petit bras. Concernant les travaux du grand bras les examens menés sur les piles concluent à la nécessite de renforcer l’ouvrage. Ça n’est qu’à cette époque que l’absence de boutiques construites sur le pont semble clairement actée ; Henri IV s’oppose en 1601 au Corps de Ville qui souhaite qu’il lui soit fait don du fondz de propriété dudict pont pour y bastir et édifier maisons et édifices ; et fait condamner les caves aménagées dans l’épaisseur des voutes et des piles (caves qui seront redécouvertes lors des travaux de restaurations de 1851). Par lettre patente le roi demande à ce que les travaux soient achevés dans les trois ans. Le 20 juin 1603, encore qu’inachevé le roi franchit la Seine par le Pont-Neuf. On date son achèvement au 6 février 1607.

La première statue d’un souverain à Paris

Avant l’achèvement des travaux plusieurs autres décisions d’aménagement de l’environnement du pont sont en germe. La rue dauphine doit permettre de rejoindre la porte de Bucci en achetant le collège des Abbés de Saint Denis et en traversant — a coup de canon si il le faut — une partie des jardins du couvent des Augustins. La reine Marie de Médicis, semble-t-il dès 1604-1605, décide de faire cadeau à la ville de Paris d’une statue équestre de son royal époux en précisant bien qu’elle souhaite cette édification sur le terre-plein du Pont-Neuf. Il s’agissait de la première statue d’un monarque édifiée à Paris dans un espace public ; jusqu'alors seuls les tombeaux recevaient des sculptures des souverains. Pour ce faire elle sollicite son oncle Ferdinand, grand-duc de Toscane qui vient de se faire représenter par Jean de Bologne et Pietro Tacca (Piazza Santissima Annunziata à Florence). A partir du moule du cheval il fait réaliser deux autres exemplaires : l’un pour sa nièce Marie et l’autre pour Philippe III d’Espagne (visible sur la Plaza Mayor à Madrid). Pierre de Franqueville, élève de Jean de Bologne, a réalisé en 1604 la tête d’Henri IV ; il se rend à Florence en 1608 et collabore avec Pietro Tacca dans la finalisation de la statue équestre. Elle est finie en 1611 ; acheminée à Livourne par l’Arno où elle stationne pendant un an avant d’être embarquée pour Paris le 30 avril 1613. Au large de Savone, le bateau coule. Après avoir été repêchée, un bateau génois l’apporte à Marseille puis elle est transbordée à Rouen où elle est transférée sur une barge qui accoste à Paris le 4 juillet. Le 23 août 1614 elle est inaugurée sur le terre-plein dont elle ne bougera plus jusqu’à la révolution qui la jette à terre le 14 août 1792.

La place Dauphine

En fin d’année 1606, entre le terre-plein et l’actuelle rue de Harlay, s’entassent dans un terrain vague les rebuts de la construction du pont ; Henri IV décide l’aménagement d’une place dont il dessine l’ébauche et baptise Dauphine en l’honneur de Louis XIII. Fermée à la circulation et propice aux rencontres entre marchands et financiers ; cette place triangulaire de 60 mètres de base pour 90 mètres de hauteur est ouverte a son sommet sur le terre-plein du Pont-Neuf face à la future statue équestre ; et en son milieu à sa base. Dans sa conception elle doit être bordée de 32 maisons de brique et de pierre avec arcades en rez-de-chaussée deux étages et un toit d’ardoises (la place des Vosges en cours de construction est sur ce même modèle). L’importance des travaux de terrassement et de réalisation de cette place amène Henri IV à en confier la concession le 10 mars 1607 par un bail à cens et rente en faveur de Achille de Harlay premier président au Parlement de Paris, moyennant 156 livres de redevance annuelle et à la charge pour ce dernier d’y faire bâtir suivant les plans et devis qui devaient être arrêtés par le duc de Sully, grand voyer de France. Cette solution à moindre frais pour la couronne portait en elle ce qui s’ensuivit : très vite l’harmonie attendue fut rompue par l’ajout d’étages ou de modifications pour un gain de la valeur immobilière. En 1611 un droit de construire est accordée au président Pierre Jeannin conseiller d’État et contrôleur général des finances pour l’édification de maisons de même aspect que celles de la place sur les quais nord et sud flanquant la place Dauphine moyennant un loyer annuel de 1 sol par toise.

Plus qu’un pont une agora

Durant toute cette période le Vert Galant se rend régulièrement sur le chantier suivre l’évolution des travaux et s’imprégner de l’humeur de Paris. Très vite le Pont-Neuf devient le foyer de la vie parisienne attirée par la vue exceptionnelle qu’il offre sur la Seine et le Louvre ; par les hauts trottoirs qui sécurisent les piétons (entre quatre et sept marches de surélévation selon les gravures) ou par le carillon de La Samaritaine. Le corps du maréchal d’Ancre y est lapidé et dépecé ; Broussel y est porté en triomphe durant la Fronde ; les mazarinades y fleurissent ; les cortèges d’accréditation des ambassadeurs passent par le Pont-Neuf ; tout comme la présentation de Marie Thérèse la future reine de Louis XIV sans parler des feux d’artifice tirés face au Louvre ou des canons rapportés un soir de 14 juillet et qui durant toute la Révolution signaleront les événements les plus marquant. Tout le peuple de Paris se croise, se rencontre et se dispute sur le Pont-Neuf ; Henri IV a coupé court à toutes constructions de boutiques mais Louis XIII a accordé comme concession à ses grands valets de pied de tenir des échoppes sous réserve qu’elles soient démontées tous les soirs. Puis les bouquinistes firent leur apparition, on attribue à un certain Pierre Douleur, avec une autorisation royale en 1614, de s’être installé le premier en tête du Pont-Neuf du côté de la rive droite… puis des libraires se sont plaints argüant d’une concurrence déloyale… et Mazarin s’est fait une joie de les supprimer. Tous les petits métiers de vente à la criée, d’arracheurs de dents, de colporteurs de produits miracles, de chansonniers et de troupes de théâtres comme Tabarin y côtoient coupe-jarrets, tire-laine, ribaudes et spadassins jusqu’au milieu du XIXème siècle.

Sources documentaires : Le Pont-Neuf, François Boucher, Chez le Goupy, 1925. Paris sous les premiers Bourbons, René Pillorget, Nouvelle histoire de Paris. Dictionnaire historique de Paris, La pochothèque. Le Pont-Neuf, histoires et petites histoires, Victor R. Belot, Nouvelles éditions Latines, 1978.