
Chapelle de l'Institut Eugène Napoléon, Hittorff (architecte 1792-1867), Félix-Joseph Barrias (peintre 1822-1904) 
L'Impératrice Eugénie avec la couronne et sa robe de mariée, sous les regards de l'architecte et du peintre, confie aux Sœurs de la Charité de Saint-Vincent de Paul l'orphelinat qui portera bientôt le nom de son fils Eugène. 
Chapelle de l'Institut Eugène Napoléon, Paris XII. 
Vue aérienne (googlemap) de l'Institut Eugène Napoléon reprenant la forme de la parure initialement prévue pour le mariage de l'Impératrice. 
Institut Eugène Napoléon, Paris XII, Rue du Faubourg Saint-Antoine n°252.
Le collier de l’impératrice Eugénie

C’est en arrière-plan, du chœur de la chapelle de l’institut Eugène Napoléon que l’on peut voir cette peinture de Félix-Joseph Barrias*1. Elle met en scène l’impératrice Eugénie offrant un orphelinat pour l’éducation des jeunes filles pauvres sous les regards de Jacques-Ignace Hittorff*2 l’architecte (en bord droit de la peinture), sa femme, son fils, sa fille et le peintre.
Nous sommes en janvier 1853, Napoléon III vient de se faire proclamer empereur le 2 décembre 1852 et se soucie, après avoir « adapté » la constitution à son usage, de se marier. Le 15 janvier il fait sa demande à Eugénie ; le 22 il convoque les bureaux du Sénat du Corps Législatif et le Conseil d’Etat pour leur annoncer son mariage huit jours plus tard, le 31 janvier. Une fois cette annonce officielle, la municipalité de Paris accorde le 26 janvier un crédit de 600 000 Francs à l’achat d’un collier en diamant pour Eugénie qui, dans une réponse adressée le même jour, « …éprouve un sentiment pénible, en pensant que le premier acte public qui s’attache à mon nom, au moment de mon mariage, soit une dépense considérable pour la ville de Paris. Permettez-moi donc de ne pas accepter votre don, quelque flatteur qu’il soit pour moi ; vous me rendrez plus heureuse en employant en charités la somme que vous aviez fixée pour l’achat de la parure que le Conseil municipal voulait m’offrir… ».
Pour finir, le Conseil municipal décida qu’il serait fondé sous le patronage d’Eugénie un « …établissement où les jeunes filles pauvres recevraient une éducation conforme à leur position ». Après deux projets initialement conçus pour la plaine de Passy et pour le boulevard Montparnasse, c’est finalement au croisement du faubourg Saint-Antoine et de la rue de Picpus que cet orphelinat est érigé entre 1854 et 1856. En hommage, Hittorff lui a donné la forme du collier initialement prévu ; poussant l’épure pour baisser le coût final et le faire accepter en décembre 1853 par le Conseil des bâtiments civils (après cinq projets et une contribution de l’impératrice Eugénie sur sa cassette personnelle).
Inauguré le 28 décembre 1856, l’orphelinat est confié aux Sœurs de la Charité de Saint-Vincent de Paul qui resteront présentes sur le site jusqu’en 1978 ; il accueille jusqu’à 300 jeunes filles à partir de 8 ans jusqu’à leur majorité. Par décret du 1er octobre 1858 l’orphelinat est nommé « Maison Eugène Napoléon ».
*1Felix Joseph Barias : peintre d’un portrait de Hittorff en buste, il eut Degas pour élève.
*2Jacques-Ignace Hittorff : Architecte de la Gare du Nord, de l’église Saint Vincent de Paul ou de l’aménagement de la place de la Concorde ; il commence sa carrière durant le premier empire comme assistant de Bélanger pour la construction de la première coupole métallique de la Halle au blé
Sources documentaires
https://www.fondation-eugenenapoleon.org/historique
Jacques Ignace Hittorff, précurseur du Paris d’Haussmann, Michael Kiene, éditions du patrimoine, Centre des Monuments nationaux, septembre 2011
Histoire populaire contemporaine de la France, Victor Duruy, publication de Ch. Lahure, 1867. https://books.google.fr/books?id=SplBAAAAYAAJ&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false