• Place de la Concorde, Paris VIII, Jacques Ignace Hittorff, Ange-
    Place de la Concorde, Ange-Jacques Gabriel, obélisque, Paris VIII.
  • Avenue des Champs Élysées, chevaux de Marly, arc de triomphe e
    Axe Historique, avenue des Champs-Élysées, Chevaux de Marly, Paris VIII.
  • Avenue des Champs Élysées, Guillaume Coustou (sculpteur 1677-1
    Avenue des Champs Élysées, Chevaux de Marly, Guillaume Coustou (sculpteur 1677-1746).
  • Avenue des Champs Élysées, Guillaume Coustou (sculpteur 1677-1
    Avenue des Champs Élysées, Chevaux de Marly, Guillaume Coustou (sculpteur 1677-1746).
  • Avenue des Champs Élysées, Guillaume Coustou (sculpteur 1677-1
    Avenue des Champs Élysées, Chevaux de Marly, Guillaume Coustou (sculpteur 1677-1746).
  • Antoine Coysevox (sculpteur 1640-1720), Jardin des Tuileries, La
    Paris déserté, La Renommée du Roi montée sur Pégase, place de la Concorde , Jardin des Tuileries.
  • Jardin des Tuilleries, place de la Concorde, Obélisque, avenue
    Levé du soleil sur l'axe historique.
  • Antoine Coysevox (sculpteur 1640-1720), Grand Palais, Jardin des
    Mercure chevauchant Pégase, Antoine Coysevox (sculpteur 1640-1720), Jardin des Tuileries.
  • Place Louis XVI, Place de la Concorde, ancien nom, panneau de ru
    Au croisement de la place de la Concorde et de la rue Boissy d'Anglas, une trace de la place Louis XVI…
  • Place de la Concorde, Paris VIII, Jacques Ignace Hittorff, Ange-
    Place de la Concorde, Ange-Jacques Gabriel, obélisque, Paris VIII.
  • Rue royale; place de la Concorde, Chambres des députés.
    Place de la Concorde, Rue royale, Chambres des députés, Paris VIII.
  • Place de la Concorde, chambre des députés, Fontaine des fleuve
    Place de la Concorde, chambre des députés, Fontaine des fleuves, Paris VIII
  • Place de la Concorde, rue Royale, Ministère de la Marine, Madel
    Place de la Concorde, rue Royale, église de la Madeleine, Paris VIII.
  • Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Hôtel de la Marine
    Hôtel de la Marine, Garde-meubles, Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Paris VIII.
  • Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Hôtel de la Marine
    Hôtel de la Marine, Garde-meubles, Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Paris VIII.
  • Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Hôtel de la Marine
    Hôtel de la Marine, Garde-meubles, Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Paris VIII.
  • Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Hôtel de la Marine
    Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Hôtel de la Marine, Garde-meubles, Paris 75008, Place de la Concorde.
  • Place de la Concorde, Paris VIII, Jacques Ignace Hittorff, Ange-
    Place de la Concorde, Ange-Jacques Gabriel, obélisque, Paris VIII.
  • Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Hôtel de Coislin,
    Hôtel de Coislin, Le Commerce (fronton), Guillaume II Coustou (sculpteur 1716-1777).
  • Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Hôtel de la Marine
    Hôtel de la Marine, Garde-meubles, La Magnificence (fronton), Michel-Ange Slodtz (sculpteur 1705-1764).
  • Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Hôtel de Crillon,
    Hôtel de Crillon, L‘agriculture (fronton), Michel-Ange Slodtz (sculpteur 1705-1764).
  • Ange-Jacques Gabriel (architecte 1698-1782), Hôtel de la Marine
    Hôtel de la Marine, Garde-Meubles, La Félicité (fronton), Guillaume II Coustou (sculpteur 1716-1777).

La place Louis XV… avant la Concorde

Appelée successivement et au gré des époques place Louis XV lors de son inauguration en 1763, de la Révolution en 1792, de la Concorde en 1795 et durant l’Empire, elle redevient Louis XV pour la Restauration en 1814, Louis XVI en 1826, Louis XV en 1828 pour enfin redevenir Concorde en 1830. Elle reflète tous les soubresauts de l’histoire du siècle des Lumières et de la Révolution.

Un grain de sable va sceller son destin. Dans une expédition guerrière, Louis XV tombe malade le 8 août 1744 à Metz d’une « fièvre maligne » ; l’extrême onction lui est donnée le 14 ; il en réchappe et, dans une messe d’action de grâce, gagne le titre de « Bien aimé »… Durant cette période il fait le vœu d’édifier une église à Sainte-Geneviève (qui deviendra le Panthéon). La ville de Paris, pour remercier la providence, commande à Edmé Bouchardon une statue équestre de Louis XV qui, à défaut de place disponible, sera érigée à l’extérieur de la ville.

Terrain vague pour place Royale

À l’origine c’est un terrain vague dont la Couronne est propriétaire et dont le chemin des fossés des Tuileries — ancienne rue Royale — est la seule voie d’accès si on excepte les berges et le pont tournant des Tuileries. L’emplacement est original : dans le prolongement du jardin des Tuileries à l’est et au commencement des Champs-Élysées aménagés par Le Nôtre à l’ouest ; la Seine borde son flanc sud. Pour l’aménagement de cette place, un concours est organisé en 1748, puis une consultation des membres de l’Académie Royale d’architecture en 1753 pour qu’au final Ange-Jacques Gabriel premier architecte du roi depuis 1742 soit chargé de proposer une synthèse des différents projets. Louis XV donne son accord au projet de Gabriel en 1755 qui crée une esplanade octogonale bordée d’un fossé de 20 m de large et qui doit recevoir en son centre la statue de Bouchardon dans l’axe historique.
Deux palais identiques au nord de la place, face à la Seine et séparés par l’ancienne rue Royale qui, en début de perspective au nord, doit accueillir une église à construire (la future église de la Madeleine dans sa deuxième génération) et finir par un pont enjambant la Seine pour rejoindre le faubourg Saint-Germain au sud (pont de la Concorde à construire). Au croisement de cette perspective et de celle des Champs-Élysées, la statue de Bouchardon sera orientée en direction du palais des Tuileries et entourée d’une balustrade en surplomb des fossés avec huit guérites à chaque angle. Ces huit guérites devaient initialement servir de support à huit allégories du « Bien aimé » : Jupiter pour la Clémence ; Apollon pour la Poésie ; Minerve pour l’Étude ; Mercure pour la Richesse ; Cérès pour le Travail ; Hercule pour la Modération ; Mars pour la Justice et Neptune pour la Fortune. Six ponts enjambent les douves : quatre dans l’axe des deux perspectives et deux pour rejoindre le Cours la Reine et la plaine du Roule (actuelle rue Gabriel). Si on excepte les berges de la Seine le long des Tuileries, seules trois rues donnent accès à la place, de part et d’autre des palais de Gabriel en plus du pont tournant qui joint le jardin des Tuileries. Le piédestal de la statue équestre recevait à ses angles quatre statues de Pigalle représentant la Force, la Justice, la Prudence et la Paix.

Une Histoire mouvementée

Avant même l’avènement de la Révolution, la place Louis XV est marquée par les tragédies. La statue de Louis XV est dévoilée le 30 juin 1763, quelques jours plus tard une pancarte accrochée au cou du cheval commente :

Oh ! la belle statue ! Oh ! le beau piédestal !
Les Vertus sont à pied, le Vice est à cheval.

Le 30 mai 1770 (deux ans avant l’achèvement de la place), un feu d’artifice est programmé sur la place Louis XV en clôture des festivités organisées pour le mariage du dauphin avec Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche. Un bouquet final prévoit une gigantesque gerbe de 30 000 fusées… Une foule immense est attendue. Une des fusées, mal dirigée, finit sa course dans les pièces destinées au bouquet final et enflamme toute la structure. Le feu se propage alors à un temple de l’hymen construit pour la circonstance et se répand sur des badauds transformés en torche vivante. Du mouvement de panique qui s’ensuit la police relèvera 132 cadavres (chiffre retenu par les historiens) qui seront exposés au cimetière de la Madeleine pour la reconnaissance des familles. Siméon Prosper Hardy, chroniqueur du XVIII, rapporte le 4 juin dans son journal qu’un bulletin de police faisait monter le nombre de morts à 367, argüant que le nombre de blessé était tel, que certains sont morts à la suite de leurs blessures.

Le 11 août 1792 la statue de Louis XV est renversée et envoyée à la fonte. Deux mois plus tard la guillotine commence sa carrière révolutionnaire place de la Révolution (nouveau nom de la place), sous les fenêtres du Garde-Meuble pour l’exécution des auteurs du vol des bijoux de la Couronne. Jacques Hillairet chiffre le nombre de décapités à Paris à 2498. 1119 le furent place de la Révolution (1306 place du Trône-Renversé [actuelle place de la Nation] et 73 place de la Bastille). Le 21 janvier elle revient pour l’exécution de Louis XVI, l’histoire retiendra qu’elle se situait à 12 mètres de l’actuelle guérite de la ville de Brest vers le socle de l’Obélisque et que le roulement de tambour qui couvrait la voix du roi était commandé par un ancien page royal, bâtard de Louis XV et donc demi-oncle de Louis XVI. Même « raffinement » pour la décapitation de Marie Antoinette le 16 octobre 1793 : les commissaires désignés pour assister à l’exécution se tiennent au balcon du Garde-Meuble à l’endroit où la reine s’était réfugiée 23 ans plus tôt.

Sources documentaires : Hôtel de la Marine, éditions spéciale Beaux Arts & Cie, Jacques Hillairet Dictionnaire historique des rue de Paris, éditions de Minuit 1963 ; Arlette Farge, La vie fragile Violence, pouvoirs et solidarités à Paris au XVIIIè siècle, éditions Hachette, collection Histoire, 1986. Paris, histoire, monuments, administration.

20 janvier 2022